Extraits du discours du banquet de Mâcon, 18 juillet 1847, à propos de l'histoire des Girondins

histoire des Girondins Lamartine ItalieExemplaire d'une histoire des Girondins en italien



Présentation d 'extraits du discours du banquet de Mâcon de A. de Lamartine portant sur la Révolution

-La nature du document est l'extrait du discours du banquet de Mâcon (18.07.1847)

-Contexte: où? Quand? A Mâcon, lors du banquet de Mâcon offert à Lamartine en 1848

-En quel honneur ? Alphonse de Lamartine venait présenter son livre Histoire des Girondins qui parle de la Révolution française. Il profita de ce discours pour montrer l'actualité de la RF




Extraits du discours d'A. de Lamartine : banquet du 18.07.1847 à Mâcon:

« Qu'est que donc la Révolution Française?
La Révolution française est-elle, comme le disent les adorateurs du passé, une grande sédition du peuple, qui s'agite pour rien, et qui brise dans ses convultions insensées, son église, sa monarchie, ses castes, ses intitutions, sa nationalité, et déchire la carte même de l'Europe? Mais a ce titre, la révolution opérée par la Christianisme quand il se leva sur le monde ne serait donc qu'une grande sédition aussi; car il n'a pas de produit, pour se faire place; une plus grande commotion dans le monde! Non! laRévolution n' a pas été une misérable sédition de la France ; car une sédition s'apaise cammecile se soulève, et ne laisse aprés elle que des ruines, il est vrai, c'est son remords et son meilleur, mais elle a laissé une doctrine ; elle a laissée un esprit qui durera et qui se perpétuera autant que vivrala raison humaine. ( Bravo prolongées.)
Je me suis dit encore : La Révolution, comme le prétendent les soi-disant politiques du fait, n'a t-elle été quele résultat d'un embarras de finances dans le trésor public, embarras que les résistances d'une cour avide ont enpêché M.Nocker de pallier, et sous lequel s'est écroulée, dans le gouffre d'un petit déficit d'impôts, une monarchie de quatorze siècles? Quoi! c'est pour un misèrable déficit de cinquante à soixante millions dans un empire aussi riche que la France, que la monarchie a été détruite que la féodalité a été déracinée, que l'église a été dépossédée, que l'aristocratie a été nivelée, que la France a dépensé des milliards se son capital et des millions de vies de ses enfants! Quelle cause pour un pareil effet! et quelle proportion entre l'effet et la cause ! et quelle petitesse les calomniateurs d'un des plus immensès évènements de l'histoire modèrene attribuent au principe de la Révolution, afin d'atténuer la grandeur et l'importance de l'évènement par l'insignifiance et la vileté du motif! Laissons cette puérilité aux hommes de finances qui, accoutumés a tout chiffrer dans leurs calculs ont voulu aussi chiffrer la chute d'un vieux monde et la naissance d'un monde nouveau. ( On applaudit. )
Enfin je me suis dit : La révolution française est-elle un accès de frénésie d'un peuple ne comprennant pas la lois-même ce qu'il veut, ce q'uil cherche, ce qu'il poursuit à travers les démolitions et les flots de sang qu'il traverse pour arriver a la lasssitude au même au point d'où il est parti? Mais cinquante ans on passé depuis la joue où ce prétendu accès de démense a saisi une nation toute entière, roi, cour, noblesse, clergé, peuple. Les générations, abrèges par l'échafaud et par la guerre, ont été deux fois renouvelées. La France est raissise; l'Europe est de sang froid; les hommes ne sont plus les mêmes, et cependant le même esprit anime encore le monde pensant! Et les mêmes mots, prononcés ou écrits par les plus faibles organes, font encore palpiter les mêmes fibres dans tous les coeurs, dans toutes les poitrines des enfants mêmes de cceux qui sont morts dans ce choc contraire de deux idées! Ah! Si c'est une démence nationale, convenez du moins que l'accès est long et que l'idées et en fixe! Et qu'une pareille folis de la Révolution pourrait bien ressembler un jour à cette folie de la croix qui dura deux mille ans, qui sapa le vieux monde, qui apprit aux maltres et aux esclaves le noin nouveau frères, et qui renouvela les autres, les empires, les lois et les institutions de l'univers!
Non, la Révolution française fut autre chose: il n'est pas donné à vils intéréts matériels de produire de pareils effets. Le genre humain est spiritualiste malgré ses calomniateurs; il se meut quelquefois pour des intéréts, mais c'est quand les idées lui manquent, ou quand il manque lui même, comme nous eu ce moment, aux idées. Le genre humain est spiritualiste; et c'est la sagloire; et les religions, les révolutions les martyres, ne sont que le spiritualisme des idées protestant contre le matérialisme des faits ! ( Oui! Oui! )
La Révolution fut l'avènement d'une idée ou d'un groupe d'idées nouvelles dans le monde. Ces idées, vous les connaissez; vous avez lu les premiers catéchistes, Fénelon dans le Télémaque, Montesquieu dans L'Esprit des lois, J.-J. Rousseau dans le contrat social. C'est de ces livres que souffla cette première aspiration à la rénovation des toutes choses, aspiration unanime dans toues les classes alors, dans celles qui avaient à gagner, dans les privilégiées comme dans les opprimées, dans la noblesse, dans le clergé nomme dans le peuple; car la convviction puissante de ces vérités divines rendait tout le monde alors juste, désintéressé, généreux comme la vérité elle-même.